Les recherches généalogiques de Jacques Blaquière

La généalogie en pantoufles avec une nouvelle génération d'outils généalogiques

DIONNE Amable

M 1781 - 1852  (70 ans)


  • Nom DIONNE Amable 
    Genre
    Naissance 30 nov 1781  Kamouraska, région 01, Québec Chercher tous les probants reliés à ce lieu  [1
    Décès 2 mai 1852  La Pocatière, région 01, Québec Chercher tous les probants reliés à ce lieu  [1
    Notes 
    • DIONNE AMABLE marchand officier de milice homme politique et seigneur né le 30 novembre 1781 à Kamouraska Québec fils d’Alexandre Dionne cultivateur et capitaine de milice et de Magdelaine Michaud - le 10 juin 1811 il épousa à Rivière-Ouelle Bas-Canada Catherine Perreault nièce et fille adoptive du seigneur de l’endroit Jacques-Nicolas Perrault* et ils eurent 13 enfants - décédé le 2 mai 1852 à Sainte-Anne-de-la-Pocatière La Pocatière Québec.

      Issu d’une des premières familles à s’établir à Kamouraska Amable Dionne fréquente l’école pendant un an et demi environ. En 1802 il signe un contrat d’engagement avec un marchand de Rivière-Ouelle Pierre Casgrain* dont il devient d’ae commis puis l’associé en 1811. Un an après son mariage Dionne quitte Rivière-Ouelle avec sa femme pour aller s’établir à Kamouraska où il devient marchand pour la société Casgrain et Dionne dans une maison appartenant à son associé. En 1818 la société est dissoute à l’amiable et Dionne s’installe à son compte.

      Les talents et la discipline de Dionne qui est un homme éminemment autoritaire ne sont pas les seuls responsables de sa réussite financière. En effet son commerce est situé au cœur d’une seigneurie en pleine expansion démographique quie vers 1820 quelque 5 000 habitants. Il s’agit par rapport à 1790 d’une augmentation exceptionnelle d’environ 300 p. cent favorisée peut-être autant par l’immigration que par l’accroissement naturel. Par ailleurs selon les observations de l’arpenteur Joseph Bouchette* six goélettes transportent sur le marché de Québec entre 1815 et 1820 d’appréciables quantités de poisson de bois de blé et d’un beurre dont la qualité est renommée dans la capitale. Le volume des échanges avec l’extérieur assure une rentrée nette de numéraire disponible pour l’achat de biens de consommation. Voilà l’origine de la prospérité des notables du commerce de la médecine et du droit à Kamouraska qui le disputent en prestige et en pouvoir aux résidents du presbytère.

      La carrière politique de Dionne s’amorce en 1830 au moment où il est élu député de la circonscription de Kamouraska à la chambre d’Assemblée du Bas-Canada. Réélu en 1834 il est un des signataires des Quatre-vingt-douze Résolutions rédigéte année là par Augustin-Norbert Morin* et où se trouvaient exposés les principaux griefs et demandes de l’Assemblée. Dionne en vient cependant à se démarquer de la pensée de Louis-Joseph Papineau* et se fait le défenseur de l’ordre au moment des troubles de 1837. Il accède au Conseil législatif en août 1837 et y siège jusqu’en mars 1838. En avril il est appelé au Conseil spécial et y demeure jusqu’en février 1841. Par la suite le Conseil législatif le compte de nouveau parmi ses membres d’août 1842 à mai 1852.

      À l’époque où Dionne se lance en politique il entreprend également une série de transactions par lesquelles il deviendra propriétaire des seigneuries La Pocatière et de la Grande-Anse dont la gestion sera confiée à des représentants. Durs années 1830 Dionne dispose de liquidités et de biens fonciers considérables. En outre il a accumulé au cours des ans un capital symbolique fait d’estime sociale et de respectabilité. Cela se voit notamment par le rang qu’il occupe dans la milice. Nommé capitaine dans le bataillon de Rivière-Ouelle en 1818 il obtient le grade de major le 10 août 1830. Il est donc en mesure de combiner l’actif de sa réussite financière et de son prestige pour mettre en œuvre des stratégies matrimoniales appropriées à son rang social. Les 8 000 $ de dot que recevra chacune de ses huit filles suffit à marquer l’influence prépondérante exercée par le marchand dans le choix de ses gendres. Parmi ceux-ci figureront Olivier-Eugène Casgrain notaire et propriétaire de la seigneurie de L’Islet fils de Pierre Casgrain l’ancien associé de Dionne - l’avocat Pierre-Elzéar Taschereau* collègue de Dionne à l’Assemblée - George-Paschal Desbarats* imprimeur et éditeur de Québec - Jean-Thomas Taschereau* fils du juge Jean-Thomas Taschereau* - le marchand Jean-Charles Chapais* - le docteur Ludger Têtu et le commerçant Cirice Têtu les fils d’un ami de Dionne. Quant à ses propres fils ils délaissent tous deux la pratique du droit au bout de quelques mois et s’installent sur leurs terres après la mort de leur père.

      En plus de distribuer des biens à ses enfants de son vivant Dionne assume certaines responsabilités vis-à-vis de sa parenté. Ainsi une adoption devait être à l’origine d’un drame familial particulièrement douloureux. En 1821 une sœur deionne perd son mari et les Dionne décident alors de prendre en charge son fils Charles-Paschal-Télesphore Chiniquy*. Banni de la maison quatre ans plus tard parce qu’il aurait attenté à la vertu d’une de ses sœurs adoptives Chiniquy vouera jusqu’à sa mort une haine profonde à son oncle. Dans ses mémoires publiés en 1885 il écrira que Dionne « avait fait une fortune colossale » aux dépens des paroissiens de Kamouraska : « le curé [Jacques] Varin enchaîné aux pieds de M. Dionne par des dettes énormes n’osait pas aller à d’autres magasins. Tout ce dont il avait besoin pour lui-même et pour la fabrique était acheté chez lui à crédit à des taux exorbitants. » Par ailleurs en 1824 Dionne verse une pension au père biologique de sa femme l’instituteur Michel Perrault devenu inapte au travail. Après avoir quitté un mari ivrogne et brutal une des sœurs du marchand se réfugie chez lui et y passe une bonne partie de sa vie. Un petit-fils de Dionne devenu orphelin de mère en 1838 est recueilli dans la maison du grand-père.

      Amable Dionne demeure à Kamouraska jusqu’à ce qu’il fasse aménager son manoir de Sainte-Anne-de-la-Pocatière en 1849. Il ne l’habite cependant que durant trois ans car il meurt le 2 mai 1852 laissant à son épouse 150 000 $ en héritage. Sérailles ont lieu le 6 mai en présence de quelque 2 000 personnes venues des environs. Son corps est inhumé dans l’église paroissiale à la suite d’un service funèbre chanté par les élèves du collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière dont il était l’un des bienfaiteurs.

      Serge Gagnon

      AP Notre-Dame-de-Liesse Rivière-Ouelle Reg. des baptêmes mariages et sépultures 10 juin 1811 - Sainte-Anne La Pocatière Reg. des baptêmes mariages et sépultures 6 mai 1852 - Saint-Louis Kamouraska Reg. des baptêmes mariages et sépultures 30 nov. 1781.— P.-B. Casgrain Mémorial des familles Casgrain Baby et Perrault du Canada Québec 1898.— C.[-P.-T.] Chiniquy Cinquante ans dans l’Église de Rome Montréal 1885.— Alexandre Paradis Kamouraska 1674-1948 Québec 1948.— Henri Têtu Histoire des familles Têtu Bonenfant Dionne et Perrault Québec 1898.— F.-J. Audet « Membres du Conseil spécial » BRH 7 1901 : 82-83.— Serge Gagnon « le Clergé les Notables et l’Enseignement privé au Québec : le cas du collège de Sainte-Anne 1840-1870 » Hist. sociale Ottawa n° 5 avril 1970 : 45-65.— W. J. Price « Aux origines d’un schisme - le centenaire d’une réconciliation avortée » RHAF 12 1958-1959 : 519-520.— P.-G. Roy « Trois Hommes de bien » BRH 34 1928 : 28-31.



      © 2000 University of Toronto/Université Laval [1]
    No. probant P29289  Jacques Blaquière, généalogiste
    Mise à jour 24 sep 2010 

    Père DIONNE Alexandre 
    Mère MICHAUD Magdelaine 
    No. Famille F12461  Collectif  |  Tableau familial

    Famille PERREAULT Catherine 
    Mariage 10 juin 1811  Rivière-Ouelle paroisse ND-de-Liesse, région 01, Québec Chercher tous les probants reliés à ce lieu  [1
    Enfants 
    +1. DIONNE Henriette   d. 1839
    No. Famille F12460  Collectif  |  Tableau familial

  • Carte des événements
    Lien Google MapNaissance - 30 nov 1781 - Kamouraska, région 01, Québec Lien Google Earth
    Lien Google MapMariage - 10 juin 1811 - Rivière-Ouelle paroisse ND-de-Liesse, région 01, Québec Lien Google Earth
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    Légende  : Paroisse municipale       : Municipalité       : Lieu à préciser       : Cimetière       : Hôpital       : Lieu historique       : Indéterminé

  • Sources consultées 
    1. [S562] DBC - Dictionnaire biographique du Canada, (Presses de l'Université Laval, Québec,1966), Vol VIII (Type: 1 = Probable | 2 = Imprimé déposé | 3 = Manuscrit déposé | Type : 2).




Le langage original de cet outil généalogique est traduit de l'anglais
au français du Québec et mis en ligne par Jacques Blaquière
Richmond (Québec) Canada J0B 2H0


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